Près de trois cents animaux tués, vingt-six battues, l'armée et la gendarmerie
mobilisées… et pas un seul coup de fusil au but. Quarante ans plus tard, personne ne
sait toujours ce qui a rôdé dans les forêts vosgiennes en 1977.
Le dossier
On la compare souvent à la Bête du Gévaudan. Pourtant, l'affaire vosgienne est d'une
autre nature : elle n'a fait aucune victime humaine, elle s'est déroulée à l'époque des
journaux télévisés et des chiens policiers, et elle reste malgré tout sans coupable. C'est
précisément ce qui en fait un cold case fascinant : tout le monde l'a cherchée, des
centaines de témoins l'ont décrite, quelques photos ont même été prises. Et pourtant, la
Bête s'est évaporée.
Les premiers signes
L'histoire commence avant même les attaques. Dès décembre 1975, des ouvriers
forestiers de la région de Rambervillers relèvent des empreintes de carnassier qu'ils ne
parviennent pas à identifier. Début février 1977, un garde fédéral affirme avoir vu un
animal inconnu traquer un chevreuil dans ces mêmes bois.
Personne n'y prête vraiment attention. Jusqu'au 28 mars 1977.
28 mars 1977 : le premier carnage
Ce matin-là, un éleveur de Domèvre-sur-Durbion, petit village de la plaine proche d'Épinal,
découvre sept brebis mortes dans son enclos. Puis les attaques s'enchaînent. Moutons,
chèvres, vaches, un poulain, et même des taureaux : la Bête ne choisit pas ses proies, et
elle s'en prend à des animaux de plus de cent kilos.
Ce qui glace les éleveurs, c'est autant la violence que la proximité. Certaines carcasses
sont retrouvées déchiquetées à moins de cent mètres des fermes. L'animal semble se
replier dans l'immense forêt de Rambervillers, d'où il ressort pour frapper puis disparaître.